Édition 2018

L’Obs/IN
L’Observatoire des pratiques de création de l’image numérique (Obs/IN) a été fondé en 2011 à l’initiative de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles, l’Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence et de l’IUT d’Arles dans le but de créer une synergie nouvelle entre les différents acteurs du développement de l’image numérique : théoriciens, industriels et artistes numériques. L’Obs/IN se reconfigure chaque année, selon le thème choisi, et rassemble des chercheurs, des ingénieurs, des artistes qui partagent tous la même envie d’inventer, autour de l’image et du numérique, un concept nouveau de la recherche.

Pour sa huitième édition, l’Obs/IN, lieu d’échanges et de réflexions, poursuit son exploration des pratiques de création des images numériques. Après les problématiques du codage, décodage et transcodage (2011), de l’immersion (2012), de l’en-Jeu [vidéo] des images (2013) du temps réel (2014) ; des « images opératoires » (2015 et 2016) ; de la « data » en 2017, l’Obs/IN a souhaité cette année aborder la question de la «Blockchain».

Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherche «blockchain of love» initié par le laboratoire PAMAL (Preservation & Art – Media Archaeology Lab) de l’École Supérieure d’Art d’Avignon (ESAA) et financé par le ministère de la culture.
Il est le fruit d’une collaboration entre l’École Supérieure d’Art d’Avignon, l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre (Bruxelles), l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles, l’École Supérieure d’Art et de Design de Grenoble-Valence, le pôle numérique de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et l’université de Nîmes.

Blockchain of Love


 

Inventée” en 2008 par Satoshi Nakamoto (nul ne sait s’il s’agit d’une personne, d’un collectif, voire d’un logiciel), la blockchain (chaîne de blocs) – qu’il faut distinguer du bitcoin et des cryptomonnaies qui n’en sont qu’une application – est un protocole de stockage et de transmission d’informations sans autre organe de contrôle qu’un réseau d’ordinateurs. Elle peut être décentralisée ou centralisée. Elle repose sur l’encryptage (ou hachage) de données organisées en blocs indissociablement liés les uns des autres. Leur contenu est vérifiable par tous les ordinateurs du réseau et la moindre modification d’un contenu est immédiatement repérée par la chaîne de blocs.

Ce projet de recherche est une auscultation futurologique, médiarchéologique et artistique de la blockchain. Il vise à déterminer ce que la blockchain comme agent non-humain fait déjà et fera au processus de création, de circulation, de conservation des œuvres d’art en régime numérique.

Il s’articule autour de trois axes de recherche :

  • 1) Le retour de l’original ?  Avec la photographie, le gramophone, le film puis l’ordinateur, médium de tous les média, où tout contenu (image, son, texte, geste…) est réductible au code binaire, une œuvre d’art est reproductible à l’infini : les concepts d’originalité, d’unicité et d’authenticité de l’œuvre d’art sont devenues une question et un problème (Benjamin, Heidegger). L’inscription des œuvres numériques au sein d’une chaîne de blocs pourrait  signifier le retour de l’unicité de l’oeuvre dans l’espace et le temps. Au sein de la chaîne de blocs, tout contenu comprend un en-tête identifiant son auteur (par une clef d’identification) et la date d’encryptage. Est-ce le retour de l’original ? S’agissant de la seule conservation-restauration des œuvres d’art numériques, que faut-il penser de l’émulation, simulation ou recréation des œuvres, autant de stratégies aujourd’hui dominantes dans le monde de l’art numérique et qui reposent justement sur la reproductibilité du code de l’œuvre?
  • 2) La fin de l’anonymat ? Le Web permet d’anonymiser les contenus (avec, certes, une difficulté croissante depuis les années 1990) et autorise de fait la réappropriation infinie des contenus, laissant penser que la mort de l’auteur, thématisée tout au long du XXe siècle, est devenue réalité. Les premiers acteurs de la chaîne de blocs se sont inscrits dans cette utopie du Web, une logique d’anonymat et de partage, d’écriture collective et horizontale, notamment lors de la création du Bitcoin. Mais en réalité la chaîne de blocs permet d’identifier tous les propriétaires. Est-ce la mort de “La mort de l’auteur” ?  Oui et non. Oui, tant l’identification devient inviolable avec la chaîne de blocs. Non, car cette inviolabilité est garantie par les machines et non par les humains. L’auteur a désormais pour condition de possibilité (archéologique) le réseau qui devient en quelque sorte “l’auteur de l’auteur”.
  • 3) Comment la matière absorbe-t-elle une chaîne de blocs ? Quels signaux les antennes des artistes et des designers captent-elles de la blockchain ? Dans quelle mesure la chaîne de blocs est-elle un médium artistique ? Quelle imagerie et quel imaginaire produit-elle ? Quels sons génère-t-elle ? Quels effets produit-elle sur les corps, l’écriture, le vivant et les matériaux ? Couplée à l’intelligence artificielle, quel rapport le réseau entretiendra-t-il avec les humains et avec les autres média techniques ? Quel impact éco-médiarchéologique ?


Chercheurs et chercheuses :
– Stéphane Bizet (ingénieur, PAMAL, ESA Avignon),
– Lionel Broye (artiste, PAMAL, ESA Avignon),
– Emmanuel Guez (artiste, philosophe, PAMAL, ESA Avignon, coordinateur du programme de recherche (Block)chain of Love), ,
– Lucile-Olympe Haute(artiste, maîtresse de conférences, docteure en arts plastiques, université de Nîmes et chercheuse associée EnsadLab),
– Serge Hoffman (artiste, Responsable du pôle numérique de l’ENSAV La Cambre, Bruxelles),
– Vincent Rioux (artiste sonore, responsable du Pôle numérique des Beaux-Arts de Paris),
– Gilles Rouffineau (designer graphique, UR « Il n’y a pas de savoirs sans transmission », ESAD-Grenoble-Valence),
– Yannick Vernet (resp des projets numériques et coordinateur de l’Obs/IN, ENSP Arles).
– Armandine Chasle (artiste, étudiante-chercheuse DSRA, PAMAL, ESA Avignon),
– Marie Molins (artiste, étudiante-chercheuse DSRA, PAMAL, ESA Avignon),
– Léo Aupetit (étudiant, ENSP Arles),
– Victor Mulé (étudiant, ENSAV La Cambre, Bruxelles),
– Zhu Yu (étudiante en master 1, ESA Avignon),
– Chloé Foex (étudiante en master 1, ESA Avignon),
– Alicia Hiboud (étudiante en master 1, ESA Avignon),
– Morgane Stricot (conservatrice-restauratrice, étudiante-chercheuse PAMAL, ESA Avignon et conservatrice en chef du département d’arts numériques du ZkM Karlsruhe),
– Juliette Green (étudiante ENSBA Paris),
– Adrien Penpenic  (étudiant ENSBA Paris),
– Allan Deneuville (artiste, doctorant à Paris 8),
– Émilie Greis (étudiante ESAD-Grenoble-Valence),
– Maxime Bouton, (étudiant ESAD-Grenoble-Valence),



PROGRAMME DE L'Obs/IN 2018

 


Le workshop se déroulera sur 5 jours et a comme objectif d’interroger chacun des 3 axes. Le workshop sera structuré comme une blockchain avec un travail distribué et à la fin de chaque journée, une validation collective (minage) ; une documentation (cryptage) ; et le dépôt des résultats (block).

Le format de cette rencontre est construit comme un processus d’expérimentation impliquant des personnes de pratiques et d’horizons différents (enseignants ; chercheurs ; étudiants ; experts….).
Le workshop sera traversé par des expériences originales (visites ; rencontres ; performances) faisant échos aux problématiques interrogées dans le workshop.


Titre du colloque : 30be96a64efa6045400ecb937e3156fe18eb962e834e1b0dba81ec749363da24

Cette journée de colloque/restitution sera l’occasion de faire le point sur chacun des axes avec, pour chacun, l’intervention d’un regard extérieur qui permettra de mettre en perspective les notions abordées.

Avec la participation de : Laurence Allard (Université de Lille), Quentin destieu (artiste, directeur du festival Gamerz), Jean-Paul Fourmentraux (Aix-Marseille Université), Alexandra Giannopoulou (C.N.R.S – Université d’Amsterdam), Marie Lechner (responsable de programmes artistiques à la Gaîté Lyrique).

Le colloque ne sera ni filmé ni enregistré

 

Samedi 24 novembre

10h00 – Introduction :  Emmanuel Guez, Lionel Broye, Yannick Vernet

10h15 – Communication d’Alexandra Giannopoulou (Université d’Amsterdam)

10h45 – Communication de Marie Lechner (Gaîté Lyrique)

11h15 – Sortie de session : Le retour de l’original ?

11h45 – Regard extérieur de Jean-Paul Fourmentraux (Aix-Marseille Université)

12h15 Pause

 

14h00 – Sortie de session : (Block)chain of identités ?

14h30 – BlockXXXchain, performance d’Allan Deneuville (durée : 15 min.)

14h45 – Regard extérieur de Laurence Allard (Universités de Lille et Paris 3)

15h15 Pause

15h30 – Sortie de session : (Block)chain of matérialités ?

16h00 – Communication de Sébastien Thon (Aix-Marseille Université) (durée : 15 min.)

16h15 – Regard extérieur de Quentin Destieu (artiste, directeur de Gamerz)

16h45 – (Block)sound of Love (sous réserve) (durée 15 min.) – Clôture avec l’ensemble des participants.

 

Où ? ancien Couvent Saint Césaire

Impasse de Mourgues, 13200 Arles

https://goo.gl/maps/DKW4EWQwSJT2

 

Sites internet : http://observatoireimagenumerique.com + http://pamal.org

 

Hashtag de l’événement : #obsin18 #blockchainoflove